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CARMEN
- Bizet |
L'action se passe à Séville et dans
les environs, au début du XIXe siècle.
Acte
Ier
La cloche sonne. C'est l'heure de la pause pour
les cigarières de la manufacture qui font
l'éloge de la fumée du tabac : "
Dans l'air, nous suivons des yeux la fumée
qui vers les cieux monte, monte parfumée
[...] " Une ouvrière, la plus attendue
de toutes ne tarde pas à apparaître,
c'est Carmen. Les jeunes gens assemblés demandent
à Carmen quand elle les aimera. En guise
de réponse Carmen expose sa philosophie de
l'amour, quelque peu pessimiste, dans la célébrissime
habanera, dont Bizet a emprunté la musique
à un recueil de chansons espagnoles d'Yradier
: " L'amour est un oiseau rebelle que nul ne
peut apprivoiser et c'est bien en vain qu'on l'appelle
s'il lui convient de refuser [...] L'amour est enfant
de Bohême Il n'a jamais jamais connu de loi
Si tu ne m'aimes pas je t'aime si je t'aime prends
garde à toi. " Alors qu'elle chantait
sa chanson, Carmen a repéré Don José,
elle l'aborde et engage avec lui une conversation
sur un ton un peu moqueur puis arrache de son corsage
une fleur qu'elle lance au jeune homme. " Quelle
effronterie ", dit le destinataire, qui après
quelque hésitation ramasse la fleur qui est
tombée à terre, il la respire mais
dit : " certainement, s'il y a des sorcières,
cette fille-là en est une ".
Arrive Micaëla qui annonce à Don José
qu'elle vient de la part de sa mère, elle
lui remet une lettre qui conseille au jeune homme
d'épouser... la porteuse de la lettre car
" il n'y en a pas de plus sage et de plus gentille
". Don José relit la lettre : "
il n'y en a pas de plus sage ni de plus gentille
".
Un vif tumulte se produit. On apprend que Carmen
" railleuse à son ordinaire " s'est
moqué d'une ouvrière, qu'il en est
résulté une bagarre et que Carmen
a marqué un X au couteau sur le visage de
son adversaire. Zuniga interroge Carmen, celle-ci
pour toute réponse chante " tra la la
la la la la la ". Zuniga fait arrêter
la bohémienne et lui promet la prison. Ce
sera Don José qui sera chargé de l'y
conduire. Carmen commence à embobiner son
aimable gardien et chante la séguedille :
" sous les remparts de Séville chez
mon ami Lillas Pastia j'irai danser la séguédille
et boire du Manzilla [...] j'emmènerai mon
amoureux mon amoureux ? Il est au diable je l'ai
mis à la porte hier mon pauvre cur
est très consolable mon cur est libre
comme l'air j'ai des galants à la douzaine
(...) qui veut m'aimer, je l'aimerai. " Et
elle dit qu'elle pense à " certain officier
qui n'est que brigadier ". Il n'en faut pas
plus pour que le trop sensible geôlier délie
la corde et laisse s'échapper sa prisonnière.
Acte
II
Deux mois plus tard, des officiers se trouvent dans
la taverne de Lillas Pastia, repaire notoire de
contrebandiers.
Carmen chante la " chanson bohème ",
accompagnée des deux autres bohémiennes,
ses amies Mercédès et Frasquita.
Lillas Pastia déclare que l'heure de la fermeture
a sonné, le capitaine Zuniga lui répond
qu'il n'est pas dupe de ce qui se passe dans l'établissement
après la fermeture.
Zuniga invite les bohémiennes au théâtre,
celles-ci refusent. Il invite Carmen qui refuse
également, il lui demande si c'est parce
qu'elle lui en veut de l'avoir envoyé en
prison. Mais Carmen feint de ne pas s'en souvenir.
Et Zuniga lui annonce que le jeune brigadier chargé
de la conduire s'est fait dégrader et emprisonner
pour l'avoir laissé échapper. Mais
le soldat vient de terminer de purger sa peine.
On entend des exclamations qui viennent de l'extérieur
de la taverne :
" Vivat le le torero Vivat Escamillo. "
Le chur loue l'intrépidité d'Escamillo
qui s'est couvert de gloire aux dernières
courses de Grenade. Moralès l'invite et il
entre dans l'auberge.
Sitôt entré, Escamillo s'adresse aux
officiers :
" Votre toast, je veux vous le rendre Senors,
senors, car avec les soldats oui les toreros peuvent
s'entendre, pour plaisirs, ils ont les combats (...)
Allons, en garde, allons, ah ! Toréador,
en garde ! Toréador ! et songe bien, oui,
et songe en combattant qu'un il noir te regarde
et que l'amour t'attend. "
Escamillo aperçoit Carmen et lui fait des
avances, qu'elle rejette avec une certaine coquetterie.
Les contrebandiers Le Dancaïre et Le Remendado
essayent d'embringuer Carmen et ses deux amies dans
une opération de déchargement de marchandise
sur la côte. Carmen refuse de les accompagner.
La raison ? " Je suis amoureuse ". Le
Dancaïre : " Voyons, Carmen sois sérieuse
".
De qui Carmen est-elle amoureuse ? Certainement,
dit Frasquita de ce prisonnier à qui Carmen
a fait remettre une lime et une pièce d'or
pour qu'il puisse d'échapper, mais il ne
s'en est pas servi. Don José tout juste sorti
de prison fait son entrée. Carmen lui demande
pourquoi il ne s'est pas servi de cette lime. Le
brigadier répond que son honneur de soldat
lui interdit de déserter et proclame son
amour à celle qu'il retrouve.
Le clairon sonne et Don José doit rejoindre
son unité, ce que n'accepte pas Carmen qui
le chasse avec mépris :
" Il court, il perd la tête et voilà
son amour. " Don José proteste de toute
sa force : " la fleur que tu m'avais jetée
dans la prison était restée flétrie
et sèche cette fleur gardait toujours sa
douce odeur. "
Carmen demande à Don José pour lui
prouver son amour de le suivre dans la montagne
" là-bas si tu m'aimais " avec
les contrebandiers. Mais pour Don José, c'est
la honte et l'infamie que de déserter. "
Non, je ne t'aime plus " lui dit Carmen "
Adieu, adieu pour jamais " dit Don José.
Survient le capitaine Zuniga qui entre en faisant
sauter la porte et qui prétend user de l'autorité
que lui confère son grade pour chasser le
brigadier et courtiser Carmen. Don José saute
sur son sabre, les contrebandiers désarment
le capitaine et le retiennent quelque temps. Zuniga
admet son impuissance et tient des propos menaçants
à l'égard de Don José.
" Es-tu des nôtres maintenant ? ",
demande Carmen à Don José, qui piteusement
répond : " il le faut bien ". Carmen,
les bohémiennes et les contrebandiers promettent
à Don José : " pour pays l'univers
et pour toi ta volonté ! Et surtout, la chose
enivrante : la liberté, la liberté!
le ciel ouvert, pour pays tout l'univers. "
Acte III - Premier tableau
Un site pittoresque et sauvage dans la montagne,
c'est le repaire des contrebandiers.
Les contrebandiers évoquent la grandeur de
leur métier, font une halte et discutent
des détails de l'opération. Carmen
et Don José se querellent, Carmen dit que
son amour n'est plus ce qu'il était, Don
José pense à sa vieille mère,
Carmen lui conseille d'aller la retrouver, car "
décidément, tu n'es pas fait pour
vivre avec nous, chiens et loups ne font pas longtemps
bon ménage ".
Frasquita et Mercédès tirent les cartes
et y lisent un avenir très prometteur, amour,
châteaux, bijoux, la bohémienne n'y
voit que la mort, toujours la mort, pour elle et
pour son amant. Carmen dit qu'elle est sûre
d'obtenir la bienveillance d'un douanier, ce qui
suscite chez Don José une vive réaction
de jalousie. Les trois bohémiennes n'ont
pas le moindre doute sur les chances qu'elles ont
de faire passer la marchandise : " S'il faut
aller jusqu'au sourire que voulez-vous, on sourira,
et d'avance, je puis vous le dire, La contrebande
passera. "
Accompagnée d'un guide, Micaëla pénètre
dans le camp. Elle dit qu'elle n'a pas peur, mais
qu'en fait, " j'ai beau faire la vaillante
au fond du cur, je meurs d'effroi. "
Don José qui surveille le camp tire sur inconnu,
le manque, cet inconnu n'est autre qu'Escamillo.
Escamillo explique à l'apprenti contrebandier
les raisons de sa venue. C'est pour obtenir les
faveurs d'une belle bohémienne du nom de
Carmen, car, il le suppose, elle n'aime plus le
soldat qui avait déserté pour elle.
" Les amours de Carmen ne durent pas six mois
". Les deux hommes ne tardent pas à
s'affronter, Escamillo, un professionnel est sûr
de l'emporter, il l'emporte effectivement mais comme
il a pour habitude de tuer les taureaux et pas les
hommes, il épargne son rival mais glisse
et tombe. Don José veut le frapper, entre
Carmen qui l'en empêche. Escamillo invite
Carmen aux courses de Séville et quand il
est parti, Don José lance à Carmen
: " prends garde à toi, Carmen, je suis
las de souffrir ". Les contrebandiers découvrent
Micaëla qui est venue chercher Don José.
Sa mère dit-elle, est au désespoir.
Carmen encourage Don José à partir,
mais l'idée de laisser la place à
un nouvel amant est insupportable à Don José.
Micaëla annonce, comme dernière parole
: " Ta mère se meurt, et ne voudrait
pas mourir sans t'avoir pardonné. "
Au moment de partir, Don José s'adresse à
Carmen : " sois contente, je pars, mais nous
nous reverrons. "
Acte IV - Deuxième tableau
Une place à Séville, devant les murs
et l'entrée des arènes. Les marchands
s'affairent et proposent eau, éventails, lorgnettes,
oranges, vin, cigarettes, etc. Le capitaine Zuniga
s'étonne de ne pas voir la Carmencita. Frasquita
lui dit qu'elle ne doit pas être bien loin,
car elle n'est jamais bien loin d'Escamillo. Frasquita
s'enquiert de Don José, il a été
vu dans son village et a disparu. Frasquita dit qu'à
la place de Carmen, elle ne serait pas tranquille
du tout.
Entrée de la quadrille des toreros, entrée
des chulos et des banderilleros, entrée des
picadors, paraît enfin Escamillo accompagné
de Carmen, radieuse dans un costume éclatant.
Frasquita et Mercédès enjoignent Carmen
de ne pas rester ici. Don José est là.
Carmen, leur répond : " je ne suis pas
femme à trembler devant lui ".
Don José apparaît, supplie Carmen de
commencer une autre vie, proclame son amour. Carmen
lui répond : " Je sais bien que tu me
tueras, mais que je vive ou que je meure, non, non,
non, je ne céderai pas ". " Jamais
Carmen ne cédera Libre elle est née,
libre elle mourra. "
Retentissent les cris de joie qui saluent le triomphe
d'Escamillo. Pour mettre fin aux supplications de
Don José, Carmen lui jette la bague que celui-ci
lui avait donnée, Don José la frappe
à mort et on entend le chur :
" Toréador, en garde. Et songe bien, oui,
songe en combattant qu'un il noir te regarde
et que l'amour t'attend. "
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