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TOSCA
- Giacomo Puccini |
Le
contexte politique
L'action se déroule à Rome en juin
1800. Les troupes françaises ont instauré
en 1798 une « République romaine »,
et Cesare Angelotti figure parmi les consuls. Ferdinand
IV et son épouse, la reine Maria Caroline,
aidés des Anglais, reprennent la ville l'année
suivante, et le baron Vitello Scarpia est chargé
de mettre sur pied une police secrète. Angelotti
est emprisonné pour trahison. C'est sur cette
toile de fond que se joue l'opéra.
Acte
I
Cinq
accords violents joués tutta forza évoquant
la forte personnalité vindicative de Scarpia
introduisent l'uvre. Le rideau s'ouvre sur
l'église Sant'Andrea della Valle. Le peintre
Mario Cavaradossi achève son portrait de
Marie-Madeleine, auquel il a donné les traits
d'une jeune femme venue longuement prier, récemment.
Arrive Cesare Angelotti, ancien Consul de la République
de Rome, venant de s'échapper du château
Saint-Ange, où il avait été
fait prisonnier politique. Cavaradossi lui promet
de l'aider à s'enfuir, mais ils sont interrompus
par l'arrivée de Tosca et, avant d'être
aperçu, Angelotti se cache dans la chapelle
familiale.
Floria
Tosca, maîtresse du peintre et célèbre
cantatrice, est une femme extrêmement jalouse.
Elle est persuadée que Cavaradossi parlait
avec une autre femme, à l'instant. Alors
que son amant parvient à la calmer et accepte
le rendez-vous proposé pour le soir, Tosca
découvre le tableau et, reconnaissant les
traits de la jeune femme prise pour modèle
- nommée l'Attavanti -, laisse une fois de
plus éclater sa jalousie. Cavaradossi parvient
à nouveau à dissiper ses doutes, et
lui promet de remplacer la couleur bleue des yeux
du portrait par du noir.
Après
le départ de Tosca, Cavaradossi rejoint Angelotti,
qui lui apprend que sa sur, se révélant
être l'Attavanti, a caché des habits
de femme dans la chapelle afin que son frère
puisse s'en vêtir pour s'échapper plus
discrètement. Le peintre lui propose de se
cacher chez lui, dans un puits aménagé.
Un coup de canon tiré depuis le château
Saint-Ange signale que l'évasion a été
découverte. Les deux hommes quittent rapidement
l'église.
Le
baron Scarpia, chef de la police, arrive dans le
temple. Lorsqu'il découvre la porte ouverte
de la chapelle Attavanti, le panier de victuailles
vide que Cavaradossi ne souhaitait pourtant pas
entamer - comme le rapporte le sacristain -, le
portrait de l'Attavanti et un éventail à
ses armes, Scarpia conclut rapidement à la
complicité du peintre dans la fuite de son
prisonnier.
C'est
à ce moment que Tosca fait irruption, revenue
pour dire à son amant qu'elle ne pourra pas
se rendre à leur rendez-vous du soir, devant
chanter à la place. Scarpia, se servant de
l'éventail, va exciter la jalousie de Tosca
en sous-entendant certaines relations entre l'Attavanti
et Cavaradossi. La cantatrice, furieuse, se jette
dans le filet tendu par le chef de la police en
se rendant immédiatement à la villa
du peintre afin d'y surprendre les prétendus
amants, sans se douter que Scarpia la ferait suivre
par ses sbires pour découvrir où se
cache Angelotti.
L'acte
s'achève par un Te Deum, où Scarpia
exprime sa volonté de soumettre Tosca à
ses désirs en se servant de sa jalousie.
Acte
II
Scarpia
dîne, seul, dans ses appartements au Palais
Farnese, là où Tosca doit chanter.
Il rédige un mot à la cantatrice l'invitant
à le rejoindre après ses chants. Arrive
alors Spoletta, l'un des sbires de Scarpia, qui
lui annonce que la poursuite de Tosca n'a pas permis
de découvrir Angelotti, mais toutefois l'arrestation
de Cavaradossi a eu lieu. Suite aux questions répétées
de Scarpia, le peintre nie toujours farouchement
avoir aidé le prisonnier à fuir.
À
l'arrivée de Tosca, son amant lui fait discrètement
savoir que révéler ce qu'elle avait
vu à la villa revenait à le condamner
à mort. Scarpia fait poursuivre l'interrogatoire
de Cavaradossi dans la pièce contiguë,
et se consacre à celui de Tosca. Devant son
refus du moindre aveu, il lui fait savoir que son
amant est, au même moment, torturé,
et que ses souffrances cesseront uniquement si elle
se décide à parler. Les cris du peintre
finiront par faire céder Tosca, qui révèle
à Scarpia la cachette d'Angelotti.
Cavaradossi
est amené auprès de Tosca, et la repousse
quand il apprend qu'elle a parlé. Il laisse
cependant ensuite éclater sa joie lorsqu'un
agent de Scarpia rapporte que Napoléon a
gagné la bataille de Marengo. Cela provoque
la fureur du chef de la police, qui le condamne
à mort.
Devant
les supplications de Tosca, il lui propose de libérer
son amant si elle se livre à lui pour une
nuit. Tosca supplie de ne pas exiger d'elle ce sacrifice.
A ce moment-là, revient Spoletta, qui annonce
qu'Angelotti s'est suicidé après avoir
été découvert. Il s'enquiert
de la marche à suivre pour le prisonnier
Cavaradossi, et Scarpia se tourne vers Tosca pour
lui laisser le choix d'accepter ou non son ultimatum.
Celle-ci
finit par accepter le marché. Ne pouvant
annuler ouvertement la sentence, il organisera un
simulacre d'exécution du peintre avec des
balles à blanc. Cependant, Tosca exige un
sauf-conduit pour elle et son amant, qui leur permettra
de quitter Rome en toute sécurité.
Mais, dès que le chef de la police a achevé
son mot et avance vers elle pour recevoir son dû,
elle le tue d'un coup de couteau en pleine poitrine
: Questo è il bacio di Tosca (« C'est
ça, le baiser de Tosca »). Elle s'éclipse
ensuite, non sans avoir récupéré
le laissez-passer salvateur des mains du mort.
Acte
III
Terrasse
du château Saint-Ange, petit matin. On entend
au loin le chant d'un jeune berger. Cavaradossi
est amené sur les remparts, et demande à
écrire un dernier mot à sa bien-aimée.
Il songe à son bonheur passé auprès
d'elle, empli de désespoir.
Tosca
survient, et l'informe des derniers événements
: le chantage de Scarpia, le marché qu'elle
a obtenu de lui, le laissez-passer rédigé
de ses mains, et le fait qu'elle ait fini par le
tuer plutôt que de se donner à lui.
Soulagé et bouleversé, Cavaradossi
loue son courage. Tosca lui explique le rôle
qu'il doit jouer durant le simulacre d'exécution,
se laisser tomber comme un mort de manière
crédible lorsqu'il entendra les détonations
à blanc des fusils.
Le
peloton d'exécution arrive sur les lieux, le
couple se sépare, la fusillade retentit et
Cavaradossi s'effondre. Tosca admire la crédibilité
de la chute de son amant. Après le départ
des soldats, la cantatrice s'approche de lui et l'exhorte
à se relever. Horrifiée, elle découvre
la perfidie diabolique de Scarpia, car les fusils
avaient en fait tiré avec des balles réelles.
Entre-temps, le meurtre de ce dernier a été
découvert, et les sbires du chef de la police
se précipitent sur la terrasse pour arrêter
Tosca. Emportée par le désespoir, elle
se suicide en se jetant dans le Tibre du haut d'une
tour du château San-Angelo (Saint-Ange, à
Rome).